Ministère de l'Agriculture, de la Production Animale et Halieutique
PROFILAGE DES ORGANISATIONS D’ELEVEURS ET DE PECHEURS DU TOGO
PROFILAGE DES ORGANISATIONS D’ELEVEURS ET DE PECHEURS DU TOGO
Publier le 14 Fevrier à 07:31:30 par admin
ORGANISATION PAYSANNE (OP)
ORGANISATION PAYSANNE (OP)

L’agriculture togolaise constitue le moteur de l’économie nationale où elle contribue à plus de 30% du PIB. Elle regroupe plus de 60% de la population togolaise. Cependant, l’élevage et la pêche constitue les volets les moins appuyés du secteur agricole. Néanmoins, on observe autour des activités d’élevage et de pêche, les producteurs qui s’organisent au niveau préfectoral, régional et national, afin de rentabiliser leurs activités.


1-Contexte et justification

Le secteur rural constitue le moteur de l’économie Togolaise avec une contribution de près de 40% au PIB. Il est dominé par la production agricole qui en représente 70% du PIB de ce secteur. La production vivrière représentait près de 90% de la valeur ajoutée du produit agricole (2009) alors que cette proportion n’était que de 85% en 1990. Par ailleurs, près de 70% de la population active exerce dans le secteur agricole, secteur dans lequel le Togo dispose d’importantes potentialités. La production animale a contribué en moyenne pour 13,4 % du PIB agricole au cours des cinq dernières années. Les principales espèces élevées au Togo sont : les bovins, les ovins, les caprins, les porcins et la volaille (poulets, pintades, dindons, canards). En 2009, les estimations des effectifs de bovins (307 500 têtes), de petits ruminants (ovins 1 657 400 têtes, et caprins 1 870 000 têtes), les porcins (308 450 têtes) et la volaille (13 878 000 têtes) montrent des croissances annuelles de 3 %, 10%, 3% et 39% respectivement pour les quatre espèces.

Le taux de couverture de la consommation nationale en produits halieutiques est inférieur à 50% et risque de s’aggraver à l’avenir. Compte tenu de la faiblesse des ressources maritimes et de la surexploitation des ressources lagunaires, les efforts entrepris par le Gouvernement pour réduire ce déficit sont essentiellement axés sur le développement de la pisciculture, et la mise en place de mécanismes adéquats de gestion rationnelle des ressources halieutiques maritime et continentales.

Ainsi, pour une meilleure utilisation des potentialités non négligeables qui s’offrent à ces sous secteurs, autour des activités d’élevage et de pêche, se sont organisées de producteurs ; structurées au niveau préfectoral, régional et national. Au niveau de l’élevage, on peut noter les faîtières nationales comme l’ANPAT, l’URAVES dans la région de la Savane et au niveau de la pêche, des faîtières comme l’UNICOOPEMA et de nombreux groupement comme BIOVA et d’autres opérant en rang dispersé dans la filière. Afin de redéfinir le profil des OP des filières élevage et pêche pour une meilleure prise en compte de leur préoccupation au niveau national et sous régional, que le ROPPA a sollicité dans le cadre du projet Politique agricole, alimentaire et rurale, cette étude de « Profilage des Organisations d’Eleveurs et de Pêcheurs » qui est commun à tous les 12 pays membres du ROPPA.

2-Objectifs de l’étude

2.1-Objectif général

L’objectif général de l’étude est de faire un diagnostic organisationnel des OP filière élevage et pêche.

2.2-Objectifs spécifiques

Il s’agit plus précisément de :

- Répertorier les faîtières nationales des OP filières élevage (les ovins/caprins, les bovins, les porcins et la volaille) et pêche (y compris la pisciculture) ;

- Identifier les OP filières élevage et pêche existantes dans les différentes préfectures et régions économiques du pays et leur niveau d’intégration dans les faîtières nationales existantes ;

- Apprécier de façon objective, le niveau d’organisation des faîtières nationales, préfectorales et régionales d’OP filières élevage et pêche (couverture géographique, services rendus aux membres, difficultés rencontrées, perspectives, etc…) ;

- Proposer une stratégie pour une meilleure structuration des OP filières élevage et pêche.

3-Méthodologie utilisée

Au regard des objectifs et des résultats de la présente étude, et de l’implication de différents acteurs, la méthodologie a été essentiellement participative animée par des points focaux régionaux issus des structures nationales d’encadrement des producteurs (agents régionaux de l’ICAT surtout et des DRAEP). La méthodologie s’est appuyée sur un dispositif permettant un recoupement de données et une exhaustivité des informations 5 Des entretiens ont été menés avec des responsables des associations, regroupements d’éleveurs, d’Auxiliaires Villageois d’Elevages (AVE), de producteurs d’organisations de pêcheurs les acteurs des filières viande et lait, les responsables des structures d’encadrement :la Direction de la Planification et de la Coopération Agricole (DPCA) ; l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT), ; la Direction des Pêches et de l’Aquaculture ;l’ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les agents de l’ICAT dans les cinq (5) régions : SAVANES, KARA , CENTRALE PLATEAUX et MARITIME.

3.1-Consultation de la documentation existante

Afin de disposer des informations existantes dans le domaine, il a été procédé à l’exploitation de la documentation existante dans les différentes structures intervenant dans le domaine, à savoir, les agences de l’ICAT, la DPCA, les ONG et faîtières.

3.2-Séances de travail avec l’équipe de la CTOP

Une phase de prise de contact et d’échange avec la coordination de la CTOP a permis une meilleure compréhension de la mission, l’établissement d’un programme et la consultation des documents de travail disponibles.

3.3-Collecte des informations

La collecte d’information s’est déroulée en deux étapes : (a) Un entretien libre avec des services techniques régionaux (ICAT, ONG, DRAEP), des groupements d’AVE, des producteurs de volailles, de petits ruminants, des groupements de producteurs de lait, des exploitants du gros bétail, des groupements de pêcheurs, de femmes mareyeuses, des commerçants d’animaux et de poissons, et les techniciens qui appuient ces différentes organisations. (b) Une enquête qui a consisté en des entretiens à base d’un questionnaire élaboré et des observations directes permettant la collecte des informations relatives à la typologie de ces OP, leur niveau d’organisation, leur rôle et zones de couverture, les services rendus aux membres, les difficultés et la vision perspective de ces groupements.

3.3.1-Echantillonnage

Dans chacune des cinq (5) régions économiques, il a été procédé à un recensement exhaustif des OP ou « groupements » construits autour des activités d’élevage et de pêche. Un répertoire par région est établi à cet effet. Les infos ont été collectées au :

Niveau des structures publiques d’encadrement :

La division des institutions rurales et de la coopération agricole :

Logée au niveau de la Direction de la Planification et de la Coopération Agricole (DPCA) , c’est la division qui participe à la définition de la politique nationale de développement coopératif, elle collabore à l’analyse et à l’adoption de textes réglementaires en matière de développement coopératif et de crédit en milieu rural ; enregistre les organisations coopératives du secteur agricole, délivre et retire le cas échéant, les actes de reconnaissance d’agrément et coordonne les interactions du bureau national des chambres régionales d’agriculture et des coopératives.

L’ICAT

L’Institut de Conseil et d’appui Technique (ICAT) est devenu depuis 2009 une société publique dont la mission essentielle est de promouvoir d’une part, une agriculture professionnelle par la vulgarisation des techniques agricoles adaptées aux besoins et aux possibilités des producteurs, et d’autre part, des Organisations Professionnelles Economiques Agricoles (OPEA) pour les rendre performantes et capables de participer à la gestion des différentes filières. L’exécution technique des actions est assurée au niveau de chacune des cinq régions économiques du pays par une Direction de Délégation Régionale (DDR) qui dispose en son sein d’un Service Régional de l’Appui au Développement Coopératif (SADC). L’appui direct aux organisations coopératives des producteurs agricoles est assuré par un réseau de Conseillers Agricoles (CrA) et des Techniciens Spécialisés en Appui aux Organisations professionnelles Economiques Agricoles (TS-OPEA).

Niveau des ONG travaillant pour la promotion de l’élevage et la pêche

Agronomes et vétérinaires sans frontières a hérité de tout le passif en termes d’actions antérieures au Togo de l’ONG Vétérinaires sans frontières France qui depuis 1988 a surtout travaillé pour le développement du petit élevage en général mais spécifiquement de l’aviculture familiale. Avec la mise en œuvre du projet d’appui à la sécurité alimentaire au Togo (ASATO) dont il est maître d’œuvre, AVSF constitue aujourd’hui un bon pilier autour duquel, la structuration du monde éleveur pourra aisément se faire.

3.4-Dépouillement et analyse

Après la collecte des données, le dépouillement a été fait manuellement et les données saisies à l’aide du logiciel excel et word. L’analyse des résultats s’est basée essentiellement sur deux outils :

- L’analyse de la viabilité

- L’analyse Forces Faiblesses Opportunités Menaces (FFOM)

L’analyse de la viabilité

L’outil utilisé est l’approche « indicateur composite » permettant d’apprécier la viabilité des OP. En effet la viabilité, pour ainsi dire leur capacité à exister, à fonctionner c’est-à-dire à gérer les différents cas de figure qui se présentent, dépend en grande partie de leur niveau d’organisation et du respect de leur dispositions organisationnelles.

L’analyse FFOM Elle consiste à étudier les Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces. Ces analyses permettront d’aboutir à une stratégie permettant d’améliorer l’organisation du secteur de la pêche et de l’aquaculture et d’en favoriser le développement. A l’issue de cette méthodologie, les résultats de l’étude sont présentés dans les pages suivantes.